Edition 2017

Du match à tous les étages

13.04.2017

Du match à tous les étages

Si la première course des Voiles de Saint-Barth s’est révélée très tactique hier, celle disputée aujourd’hui n’a pas été moins intéressante. De fait, si les parcours du jour (une boucle de 26 milles entre Roches Roubes et les Grenadins pour les Melges 24, CSA 1, 2, 3 et 4, puis une autre de 32 milles via les îles Pelé et le Boulanger pour les CSA 0, Multi, Maxi 1 et Maxi 2), ont été marqués par un vent d’une douzaine de nœuds tout aussi instable en force et en direction que la veille, les concurrents ont également dû composer avec un clapot difficile. Par conséquent, les fins tacticiens qui avaient déjà pu s’exprimer la veille ont, une nouvelle fois, eu l’occasion de démontrer tout leur talent, ce mercredi.

« Aujourd’hui, il fallait bien suivre ce qu’il se passait sur l’eau et essayer d’anticiper au mieux les variations du vent assez brutales pour changer de voile au bon moment, ce qui est toujours assez difficile à faire sur les gros bateaux », a commenté Laurent Pagès, tacticien à bord du Farr 115 Sojana, la plus grosse unité de cette 8e édition des Voiles. « Au final, nous nous en sommes relativement bien sortis », a ajouté le vainqueur de la Volvo Ocean Race 2011-2012 à bord de Groupama 4, pas mécontent de sa course du jour, surtout après sa grosse frayeur, au moment du départ, lorsque PH3 lui a coupé la route. « Nous l’avons vraiment évité de justesse ! », a souligné le Rétais qui n’a appris qu’à son retour à terre que la machine de son adversaire était alors devenue incontrôlable, la faute à un problème de système de barre survenu lors de la procédure. Ce dernier a d’ailleurs été contraint à l’abandon dans la foulée. Bonne nouvelle toutefois, il devrait avoir solutionné son souci d’ici à la prochaine course.

Idem pour l’équipage d’Highland Fling XI, concurrent de la classe des Maxi 1, qui a heurté un caillou dans l’après-midi, mais qui devrait pouvoir rapidement réparer sa quille pour tenter de remonter au classement. Un classement où, à l’issue des deux premières régates, le Maxi 72 Proteus occupe la tête avec deux premières places. George Sakellaris et ses hommes tirent, en l’occurrence, le bénéfice de la pénalité affligée à Bella Mente à la suite de son départ anticipé aujourd’hui. Car comme le prévoient les instructions de course des Voiles de Saint-Barth, tout bateau ayant volé le départ voit son temps de course majoré de 10%. « C’est dommage pour nous car nous avons réalisé une très belle course puisque nous avons mené la flotte de bout en bout. Mais les règles sont les règles et c’est une erreur de notre part. Personne ne nous a poussés. Nous étions deux ou trois secondes trop en avance. Nous pouvons seulement nous en prendre à nous-mêmes », a relaté Terry Hutchinson, le tacticien du bord.

Des podiums disputés

Son de cloche identique ou presque du côté de l’équipage de Pocket Rocket, en CSA 4, qui s’est vu, lui, disqualifié pour avoir laissé une marque du parcours du mauvais côté. L’équipage du Saint-Barth David Cullen se voit ainsi rétrogradé de la 6e à la 10e et dernière place au général de sa classe. Une classe où la bagarre fait rage à tous les étages, et en particulier aux avant-postes, entre Pasco’s Jaquar, Solstice et Crédit Mutuel qui luttent pour la première place.

Dans l’immédiat, c’est le J 105 de Jordan et Shannon Mindich qui tire le mieux son épingle du jeu, avec deux premières places, mais les autres n’ont pas dit leur dernier mot. Surtout pas Crédit Mutuel, le tenant du titre, qui compte bien inscrire son nom tout en haut de l’affiche une cinquième fois cette année. « On ne lâche rien, c’est sûr. Aujourd’hui, en tous les cas, cela été dur car le vent était très erratique. Au départ, ça soufflait entre 15 et 17 nœuds puis c’est tombé subitement à 8-10 nœuds. C’est alors devenu difficile de faire avancer le bateau à cause de l’état de la mer et en particulier l’important ressac sur le côté est de l’île. Nous avons bataillé comme des fous. Lors de la descente vers les Grenadins, nous avons choisi de longer la terre car ça glissait mieux. Cela nous a permis de revenir un peu au score. Au final, on a fait ce qu’on a pu », a commenté Hervé Hejoaka. Le skipper Martiniquais n’est pas le seul à avoir trouvé la journée difficile. « Nous avons eu du mal au départ. Du coup, nous nous sommes retrouvés dans la fumée des autres et dans le gros du trafic. Cela nous a un peu limité dans nos choix mais nous nous sommes malgré tout bien battus avec les deux Melges 32, Taz et Lazy Dog, ainsi qu’avec Kick’em Jenny 2, qui sont très rapides au près et avec lesquels nous allons manifestement nous battre pour le podium cette semaine », a raconté la britannique Saskia Clarck, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Londres 2012 et championne du Monde 2011 et 2012 en 470 en duo avec Hannah Mills, en charge de la tactique à bord d’Oystercatcher XXX1 qui doit se contenter, pour le moment, de la 4e place chez les CSA 2.

Le casse-tête pour les uns, une formalité pour les autres

A l’inverse, Tommaso Chieffi, qui occupe le même poste à bord du Solaris 50 Fortunata, a trouvé la course relativement simple, plus en tous les cas que celle de la veille. « Nous n’avons pas éprouvé de difficultés particulières aujourd’hui. Tout s’est bien enchaîné pour nous. Nous commençons à avoir un bateau fiable, ce qui n’était encore pas le cas lors de la Saint-Marteen Heineken Regatta que nous avons courue le mois dernier et lors de laquelle nous avons cumulé les petits pépins techniques », a détaillé l’Italien qui peut à la fois compter sur son énorme expérience (à son compteur notamment une participation aux J.O. de Los Angeles 1984 en 470, quatre campagnes de Coupe de l’America ou encore une victoire dans la Volvo Ocean Race 2005-2006 sur ABN Amro 1) et sur sa connaissance du plan d’eau. Car s’il participe pour la première fois aux Voiles de Saint-Barth cette année, Chieffi a pris part à la Bucket Regatta à trois reprises.

En résumé, il y en a eu pour tous les goûts aujourd’hui. La bonne nouvelle, c’est que ce sera également le cas demain. Lors de ce traditionnel Day-off sur la plage de Saint-Jean au Nikki Beach, les organisateurs ont prévu des joutes de Stand Up Paddle ainsi qu’une chasse au trésor en partenariat avec Veuve Clicquot, sponsor premium des Voiles de Saint-Barth pour la troisième année consécutive, entre autres surprises…

 

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